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3 questions à… Marine Simon, facilitatrice et grande amoureuse du Vivant

« Je suis née avec une passion pour le Vivant et sa manière de fonctionner. Quand j’ai rencontré les pratiques d’intelligence collective, j’ai eu le sentiment qu’elles s’en inspiraient et cela a été une révélation pour moi. »

Marine Simon est tombée dans le chaudron de la facilitation de l’intelligence collective en 2007, un peu par hasard, grâce à des amis qui s’y étaient formés.

Qu’est-ce qui fait que tu t’es passionnée pour la facilitation de l’intelligence collective ?

Je venais d’une enfance et d’un état de jeune adulte pour qui les autres humains, ce n’était pas très facile. Le colloque singulier, en tête-à-tête, très bien. Dès qu’il y avait plus de 3 ou 4 personnes autour de moi, je ne comprenais plus les règles de la prise de parole. C’était vraiment compliqué pour moi. Je trouvais que c’était facilement blessant.

Marine était depuis toujours passionnée par le vivant, sa manière de s’organiser entre tous les règnes et toutes les espèces, sans chef et sans centralisation. Elle a étayé cette passion au fur et à mesure de ses observations et de ses rencontres.

En rencontrant les pratiques d’intelligence collective, deux portes se sont ouvertes.

Non seulement je pouvais, grâce à ces pratiques, vivre des expériences respectueuses, paisibles, sereines, sécures avec d’autres humains – wahou, c’était déjà génial – mais en plus, cela me faisait basculer dans un « faire comme le vivant », sans chef, où chacun est écouté. En ayant un processus qui crée une membrane autour du groupe et qui permet qu’à l’intérieur, il y ait de la sécurité.

En réalité, c’est ce que le Vivant a prévu : des membranes, il en a mis partout, autour de nos corps, autour des cellules, pour les protéger bien sûr, et aussi pour clarifier l’identité de ce qui est à l’intérieur et à l’extérieur. Pour qu’il y ait du dialogue à la lisière entre les deux.

Comment vis-tu cette passion ?

Je fais de la facilitation parce que cela me remet au service du vivant. Cela me permet d’accepter l’héritage, la culture de ma maison qui est le Vivant.

Je ne suis pas du tout une facilitatrice qui fait de la facilitation parce qu’elle aime les outils, les méthodes. J’aime rencontrer des biologistes, des physiciens, des sociologues, des anthropologues et voir avec tous ces gens-là comment on crée du lien, plutôt que de parler de facilitation entre facilitateurs.

On a construit une culture cloisonnée avec des experts bien séparés les uns des autres. Plus on entre dans des difficultés tangibles, écologie, biodiversité, etc., plus je me dis que je ne vois pas comment on va s’en sortir si on n’ouvre pas ces cloisons. Pour moi, les pratiques d’intelligence collective sont probablement les seules qui permettront d’en sortir.

Le seul moyen d’avoir une réflexion qui s’accorde au Vivant, c’est de se mettre en cercle et que chacun se sente en sécurité et puisse avoir la parole. Je pense que c’est de là que l’on pourra avoir des regards nouveaux, prendre des décisions innovantes.

Et sur le terrain, à quoi cela ressemble-t-il ?

Je suis profondément amoureuse des pratiques qui utilisent les fondamentaux de la facilitation : le cercle, le tour de parole, la parole au centre, le pouvoir du silence, le fait que, comme tu ne peux pas parler n’importe quand, tu mûris. Il y a vraiment quelque chose qui nous fait passer d’une immaturité affective à quelque chose de plus mature. Le fait que les personnes et les idées soient dissociées, qu’il n’y ait pas de jugement, qu’il n’y ait pas de débat.

C’est ce processus qui a ma préférence. En lui-même, il est tellement maturant et permet d’aller tellement loin. C’est en général plutôt pour des petits groupes… et c’est aussi dans les petits groupes qu’on prend des décisions.

A partir de ces fondamentaux, j’ai construit la méthode Parall’Axe qui se décline dans de nombreuses pratiques : trouver des solutions, réfléchir à quelque chose, décider ensemble, réguler des tensions…

Et Marine Simon de rappeler qui est à l’origine de toutes ces pratiques – une autre de ses passions :

Les peuples racines se mettent toujours en cercle et pratiquent le tour de parole. Ils n’imagineraient pas faire autrement. C’est ce qui fonde leur manière d’échanger et de décider pour la communauté.

PS : quand Marine rencontre des biologistes, des sociologues, des physiciens… et aussi des facilitateurs, cela donne un podcast, « Tout tourne rond sur cette Terre » :
https://adn-intelligencecollective.com/tout-tourne-rond-sur-cette-terre/podcast/

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